Publié le

#15 Maîtresse profonde

Cantatrice de mes diatribes ensommeillées,
Réveille-moi de tes si langoureuses mains.
Par caresses, écarte mes rêves délayés
Et fais-moi promesse des meilleurs lendemains.
Harasse de griffures mon dos de falaise,
Goûte de tes dents la chair vierge de mon cou
Et laisse sourdre en moi – Joie ! – cette extase anglaise ;
Ressens-la m’envahir peu à peu par à coups

Jusqu’aux blanches candeurs des jouissances – Vertige !
Dicte-moi les promesses que le beau de l’air laisse
Entrevoir en frisson sur mes reins beaux ! Quadriges
De tes mains, baisers et souffle vers l’aine, Déesse !
Tu me transportes en orgasmes jusqu’à ton hâvre,
Ton château brillant trônant sur des hauteurs tristes
Où j’échoue, bien mal armé, un exquis cadavre
Sous le chant, en mal d’aurore, des âmes déistes.
J’y passerai mes après-midi comme un faune,
Humant les fleurs du mal, la légende des siècles,
Ma diva, sous les feuilles caduques d’un aulne.
Aux alcools de nos chimères, voltige la Thècle.
Qu’elle est loin, ma saison en enfer !, sous tes doigts
Comme si depuis ces hauts où hurle le vent
Ta senseur, vers l’autre mont, si pâle, si suédois,
M’emporte et m’envoie valser sur les contrevents
Des fenêtres du comte de l’île. Atmosphère !
Lors que je bois à tes lèvres et si que j’y trouve
Ces mots passant de l’un à l’autre hémisphère
Dans une chevelure sauvage de louve.
Je reçois ton offrande, Oh Maîtresse profonde !
De mes nuits de rêveur, j’en viens sonner le cor.
Oh cicatrice ! Poésie ! Dans nos nuits fécondes,
Je t’ai donné ma boue, tu en as fait de l’or !
Publicités

À propos de Vil Faquin

Vous connaissez la Faquinade ? Non ? Baltringues.

4 réponses à “#15 Maîtresse profonde

  1. Vocabulaire très riche ! On se laisse transporter par les jeux de mots. Ce n’est pas lourd, c’est savamment poétique. Bonne continuation !

    J'aime

  2. Quels vers, nom de bleu… Des références à foison, toutes aussi bien amenées les unes que les autres (Ribaud de tous les côtés, j’adhère !). Et cette avant-dernière strophe, avec cette référence au poème de Baudelaire (mon préféré !) : « Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! »… J’aime ce poème, vraiment. Et je jalouse une telle plume !

    Aimé par 1 personne

    • Tu jalouses Baudelaire j’espère ? Pour ma part, c’est le cas !
      En tout cas merci beaucoup ! J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire en restant dans un classicisme tout parnassien mais relativement fluide. Un hémisphère dans une chevelure, c’est… c’est… la raison de mes cheveux longs déjà, bien plus que le look metalhead X)

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s