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#16 Les Pas des Gens

Adaptation audio disponible ici.

On tend parfois l’oreille et on se laisse bercer

Par le clapotis des pas des gens qui passent sur le pavé

Et les rayons du soleil sur nos joues viennent goûter

A cette douce amertume de l’euphorie oubliée

On s’étend de temps en temps sur les quais des gares ou hagards les voyageurs en retard trainent leur lard de part en part des halls de gare, s’égarent et se suivent dare dare comme de sombres pistards qui exercent leur art. Celui de mettre son âme au radar dans ce corral de couards où chaque clochard est relégué au couloir de service comme les noirs des fifties. Comme un crématoire bizarre des individualités, les quais des gares se transforment en purgatoire de hasards où la seule gloire souvent est de faire le trajet depuis Miroir dans un bus braillards et de prendre à son arrivée en gare le TER 893 642 à destination de Neuvy-Froissart. Plus d’espoir quand l’horloge donne sur le tard pour le voyageur hagard, mais les clochards couverts d’eschares savent que…

Lorsque l’on tend l’oreille et qu’on se laisse bercer

Par le clapotis des pas des gens qui passent sur le pavé

Et les rayons du soleil sur nos joues viennent goûter

A cette douce amertume de l’euphorie oubliée

On s’étend de temps en temps sur les quais des docks où les cap’tains Hadock en manque de coke viennent rouler leur coque. Comme des orques prêts pour le festin ou des phoques qui sautent et sursautent à chaque « toc » sur les tôles des docks, ils maudissent l’Amerloque qui gère le prix de leur kilo de coke. Ils matent ces cargos de Santiago, de Bangkok, qui transportent leur coke en stock et l’on entend le bruit glauque de leurs « clopocloc clopocloc » lorsque la milice des docks patrouille avec ses glocks face aux caïds, entre les blocs de coques vides. Les cap’tains Hadock ont des tocs lorsque les docks se moquent des balles et que les « tocotocs » de la mitraille les croquent comme le Chinook. Les tocs entre les « tocs » qui évoquent les chocs dans les docks entre les blocs où s’entrechoquent derrière les coques des cap’tains Hadock qui font dans leur froc en regrettant l’époque…

Où l’on tend l’oreille et qu’on se laisse bercer

Par le clapotis des pas des gens qui passent sur le pavé

Et les rayons du soleil sur nos joues viennent goûter

A cette douce amertume de l’euphorie oubliée

On s’étend de temps en temps sur les quais des vieux quartiers où les prolétaires ouvriers allient fierté et ténacité chaque jour que Dieu fait, du lever au coucher pour gagner le blé pour manger, se loger et supporter leur existence privée des fées de la surenchère de la chair. Emiettées, ces fleurs inespérées, enclavées dans ces atrocités télévisées qui mènent à aseptiser les mœurs de l’humilité. Oubliés des autres, ostracisés de l’hôte français, enfermés dans ces ghettos grisés, dans ces quartiers délabrés. Là où les lave-linges sont défenestrés et où les poulets sont sifflés, qui s’inquiète d’égalité des chances, de fraternité de la réussite ou de liberté d’emploi. Lorsque le prolétaire ouvrier est relégué au rang d’unité, de salaire à débiter sur la paie des sociétés, le blé devient la plaie des excédés qui n’ont pour finalité que le sommeil et le rêve pour profiter de ces temporalités oubliées…

Où l’on tend l’oreille et qu’on se laisse bercer

Par le clapotis des pas des gens qui passent sur le pavé

Et les rayons du soleil sur nos joues viennent goûter

A cette douce amertume de l’euphorie oubliée

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À propos de Vil Faquin

Vous connaissez la Faquinade ? Non ? Baltringues.

2 réponses à “#16 Les Pas des Gens

  1. J’aime beaucoup ! La version audio me plait pas mal, la voix parlée, chantée, la musique… *.*
    Je vais entendre d’une oreille différente « le clapotis des pas des gens », maintenant. 😉
    (Encore ?)

    Aimé par 1 personne

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