#64 Hou(bli)-blon(d)

Dans la beauté endeuillée des tristes mégacités
Au carnaval dix-neuf-cent, à la beauté des sentiments
Dans les rues rousses au point du jour
A la Croix des canuts, aux ouvrages immortels
Vibrent les vies simples dans les passages délabrés
Dans les travées soudaines se taisent les oubliés
Et dans des caveaux bondés ils avalent l’oubli blond Lire la suite

#61 Une enfance

Allures intestines de provinces oubliées
Sentiers rares, buissonneux qui serpentent ici et là
Ruelles cachottières aux accents familiers
De ces villes ouvrières où croît dru le lilas

Combien de souvenirs ? Et combien de jeux simples ?
Dans nos alcôves, les rires, les cris de la marmaille
Foulant la terre nue, où poussent les simples
Que les vieilles préparent à de vieux pince-maille. Lire la suite

#60 Timeo iram genii malis

« Timeo iram genii malis »
Lisait-on au fronton des vieux temples
« Des mauvais génies, je crains la malice. »
Des mots cachés derrière les bois amples.

Et l’humain s’est retiré au désert
Dans l’agnosie triste, attiré par l’oeil
Rougeoyant de rage, veillant leur misère,
Brûlant tout, la pierre, les troncs et les feuilles. Lire la suite

#19 Rhum et poudre

Allons camarades des cales au pont !
Discrets et déterminés, formentons.
Souvenons-nous de nos frères tombés
Qui ont souffert sous le fouet officier.
 
Allez mutins ! Rhum et poudre !
Prenez la Sainte Barbe ! Ahou !
Allez mutins ! Rhum et poudre !
Tous au gaillard ! Yo ahou !
 

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#12 Ils rentreront tous au port

Il étincelle sur les flots
Fragile feuille au vent dans les mains de Neptune
Impuissant sur la houle aux faveurs de la lune
Dans le rythme des matelots
Claquements secs des voiles au vent
Et les crissements montant des ponts inférieurs
Pulsent puissamment dans les bois du grand coureur
Pétillant comme un virevent

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#10 Saturne

Salut à toi, ignoble sire ! Viens t’en plus près !
Joins-toi à moi que je contemple ta tristesse,
Que je t’enserre dans ma haine, Ô Dieu mauvais !
Saturne fou qui effraie toute pécheresse.
De tes bras glacés d’éther, tu avances nu.
Brumeuses fragrances flottant aux alentours.
Ton sexe pendant entre des jambes poilues,
Pointant vers tes sabots, satyre aux beaux atours. 

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#9 Oh tempora!

Modeleur obséquieux des colonnades grises,
Orfèvre servile d’un palais oublié,
Il s’échine chaque jour au lierre qui frise
A briser, décorer au temps du sablier
Cette immuabilité qui suinte des pierres,
Le rendant éternel aux faux airs d’arrogance.
Ce Goliath d’artifices, de parures vulgaires,
Il s’effrite sous l’art d’Eol, de l’élégance. 

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