#55 Au Phoenix Dormant

Dans le temple atmosphère, Il en était aux songes
Sous les branches de marbre d’un plafond en cascade
De sculptures en rivières le voilà bien qui plonge
Dedans les courants glabres il joue sa mascarade

Et il frappe l’esprit et les yeux du profane.
Eloge fracassant tel l’écho des légendes
Réinventant le bruit marionnette qui fane
Et il vole en riant. Que nul ne le pourfende !

#37 Bourreau des coeurs

Je pense et il me semble, que c’est d’Anatolie
Que celle qui ressemble aux fières Walkyries
Nous provient, étrangère, jolie et fascinante.
Ce regard de guerrière belle et stupéfiante

Sonde les âmes en peine, recherchant la douleur
Et toujours il essaime, oiseau de fleur en fleur
Portant son triste augure, qui a chagrin pour nom.
Cathare de Montségur hélas ! Pauvre maison Lire la suite

#34 Le temple d’Amour

Huit colonnes de marbre, sobres comme l’Astre des astres au jour de sa création, soutiennent le dôme noir, recouvert de milliers de tâches de mousse comme autant d’histoires éconduites. Le ciel est gris, harmonisant la transition entre les élévations de pierre blanche et le chef sombre. Tout autour, un fin gravier blanc recouvre le sol, comme la neige en hiver, jusqu’aux pelouses, vertes et parfaites, belles et attirantes. Du Nord, du Sud, de l’Ouest et de l’Est débouchent quatre chemins qui se découpent sous le feuillage des chênes et des frênes d’Europe. L’océan des cieux semble assez menaçant mais ne peut ébranler l’âme de celui qui s’invite en ce lieu, tant la force tranquille qui en émane est puissante. Il n’est rien qui n’existe et qui ne saurait être beau ici. Bacchus semble avoir retissé les fils du cosmos pour créer un micro-univers neuf, petit, doux et impérissable. Le silence est presque parfait ; chants d’oiseaux tout autour, bruissement du vent dans les feuilles au-dessus, craquement des branches malmenées par les alizées, écoulement métronome de l’eau sur les pierres du petit cours d’eau un peu plus loin… Non, rien en vérité ne rendrait l’instant désagréable. Lire la suite

#25 L’oracle et les Corbeaux

Une terre déserte recouverte de lande. Du bétail, peu nombreux, des toits ornés de cheminées fumantes ici et là. Un regard qui se perd. J’ai ma tente, mon sac, mon fusil et j’arrive à la guerre. Je suis bien sur la Terre car le ciel est au-dessus de mon chef, de rouille. Il y a des arbres, quelques bosquets mais presque pas de vie. Je suis à la guerre, je le sais, j’ai mon fusil et mon ordre de mobilisation. Autour de moi, rien. Ha si ! Une voie ferrée là-bas aux contreforts de ces monts couverts de brume. Nulle part où aller, pas d’officier en vue dans cette plaine, pas de contrainte donc ; je décide de marcher un peu. Je vais vers un vieil hêtre noueux et installe ma toile à son pied. Soudain il fait nuit, un train passe. Une vache meurt. Comment sais-je qu’elle est morte ? Je le sais c’est tout. Il doit faire froid cette nuit, je ne m’en rends pas réellement compte mais pour prévenir le mal je fais un brasier flambant de quelques branches. Je me couche sous ma tente agrippé à mon arme, les flammes dansent comme des gitanes échevelées virevoltant dans un vent de printemps… Ces nuits sans nuage sont appelées à être froides et glaciales. Ce serait une tautologie si glacial n’était pas pris dans le sens de ce qu’il glace les sangs.
 

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#23 A mon éternité damnée

A mon éternité damnée aux noirs accents
Aux ferveurs engluées, aux sombreurs de mes nuits,
Aux créateurs, à la vanité des absents,
Aux langueurs océanes qui me guident en mon huis,
A ces fentes cruelles et aux ogives nues,
Aux engeances, aux Sisyphes, à vos forts intérieurs,
A ces courbes chamelles, aux femmes devenues,
A ces suées abrégées, aux souvenirs d’odeurs,

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#22 L’or Noir

(en réponse à ma crise)

Dans le fond de deux orbites nus
Silencieux je les ai aperçues
Deux orbes profondes de charbon
Brillantes comme des diapasons
Deux billes de jais si attractives
Deux promesses, paroles rétives
A ce don d’éternité, amour
Et veulent le montrer sans détour

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#8 Aux Amours Damnées

Aux Amours damnées sur l’autel des libertés,
Vivre l’éternité dans la fange et sans but
Masque la foi, l’odeur, la sueur et le lisier.
Je vous le dis : le Diable m’emporte pourvu ! 
Aux santés des Amours bafouées dans les terreurs,
Pleurent le bohème triste et l’artiste fou.
Viens à moi, menaçant, alcool de nos langueurs
Dans l’éternité, que trépasse le jaloux.

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