#25 L’oracle et les Corbeaux

Une terre déserte recouverte de lande. Du bétail, peu nombreux, des toits ornés de cheminées fumantes ici et là. Un regard qui se perd. J’ai ma tente, mon sac, mon fusil et j’arrive à la guerre. Je suis bien sur la Terre car le ciel est au-dessus de mon chef, de rouille. Il y a des arbres, quelques bosquets mais presque pas de vie. Je suis à la guerre, je le sais, j’ai mon fusil et mon ordre de mobilisation. Autour de moi, rien. Ha si ! Une voie ferrée là-bas aux contreforts de ces monts couverts de brume. Nulle part où aller, pas d’officier en vue dans cette plaine, pas de contrainte donc ; je décide de marcher un peu. Je vais vers un vieil hêtre noueux et installe ma toile à son pied. Soudain il fait nuit, un train passe. Une vache meurt. Comment sais-je qu’elle est morte ? Je le sais c’est tout. Il doit faire froid cette nuit, je ne m’en rends pas réellement compte mais pour prévenir le mal je fais un brasier flambant de quelques branches. Je me couche sous ma tente agrippé à mon arme, les flammes dansent comme des gitanes échevelées virevoltant dans un vent de printemps… Ces nuits sans nuage sont appelées à être froides et glaciales. Ce serait une tautologie si glacial n’était pas pris dans le sens de ce qu’il glace les sangs.
 

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